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Giotto di Bondone

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1. Biographie

Premier grand génie de l'art pictural italien à l’aube de la Renaissance, Giotto, peintre et architecte florentin, marque la rupture définitive de la peinture avec la longue tradition byzantine qui depuis la fin du monde romain marquait de sa forte empreinte l’art de la péninsule.

Giotto : Scènes de la vie de Marie Madeleine : « Noli me tangere », détail. 1320s. Fresque. Assise, église inférieure Saint François, chapelle sainte Madeleine
Giotto : Scènes de la vie de Marie Madeleine : « Noli me tangere », détail. 1320s. Fresque. Assise, église inférieure Saint François, chapelle sainte Madeleine

Giotto di Bondone naît en 1266 dans le village de Vespignano, près de Florence. Son père, Bondone, est un petit paysan. Giorgio Vasari, l'un des premiers biographes de Giotto, raconte comment Cimabue, le célèbre maître florentin, découvre les talents de Giotto : voyant un jour le jeune garçon de 12 ans esquisser une des chèvres de son père sur un rocher plat, il fut tellement impressionné par son talent qu'il persuade le père de laisser Giotto devenir son élève. Une autre version veut que Giotto, alors en apprentissage chez un marchand de laine à Florence, fréquentait l'atelier de Cimabue avec tant de passion qu'il fut finalement autorisé à étudier la peinture.

Giotto :  Assise, église supérieure Saint François : vue de l’intérieur vers l’autel : la paroi nord, à droite de l’entrée
Giotto : Assise, église supérieure Saint François : vue de l’intérieur vers l’autel : la paroi nord, à droite de l’entrée

Les premiers travaux attribués à Giotto sont une série de fresques sur la vie de saint François dans l'église à Assise. Puis en 1305 et 1306 il réalise l'extraordinaire série de fresques de la chapelle de l'Arena à Padoue. A Rome, Naples et Florence, Giotto exécute les commandes des princes et des ecclésiastiques de haut rang : ainsi il décore les chapelles Peruzzi et Bardi chapelles de l'église Santa Croce à Florence.

En 1334 la ville de Florence Giotto l’honore du titre de « Magnus Magister » (Grand Maître), et le nomme « Campomaestro », architecte de la ville et directeur de travaux publics. Il conçoit et réalise le célèbre Campanile du Dôme, mais décède en 1337, avant la fin des travaux.

Esprit très cultivé, Giotto menait une vie simple et ordinaire, avec un tempérament agréable et gai. Marié à Ciuta du Lapo du Pena, il a laissé six enfants à sa mort. L’aîné, Francesco, sera inscrit en 1311 dans la compagnie des peintres à Florence. Contrairement à beaucoup de ses collègues artistes, il est éconiome de son argent et fazit fortune. Il était en termes familiers avec le pape, et le roi de Naples Robert l’appelait son bon ami.

Giotto : Légende de saint François : le songe du Palais, détail. 1297-1299. Fresque, 270 x 230 cm. Assise, église supérieure Saint François
Giotto : Légende de saint François : le songe du Palais, détail. 1297-1299. Fresque, 270 x 230 cm. Assise, église supérieure Saint François

Comme les autres artistes de son époque, Giotto n'avait aucune connaissance technique ni de l'anatomie, ni de la perspective. Pourtant, ce qu'il possèdait était infiniment plus important que les compétences techniques des artistes qui le suivront : une maîtrise de l'émotion humaine, un sens aigu de la vie humaine, grâce auxquels il saura dépeindre tous les sentiments en émotions de l’âme humaine. Tous les artistes, jusqu’à l’apoque contenporaine, s’inspîreront de Giotto : en lui, ils trouvent une approche directe de l'expérience humaine, celle qui reste valable à travaers le temps…

Giotto : Scènes de la vie de Joachim : le rêve de Joachim, détail. 1304-1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena
Giotto : Scènes de la vie de Joachim : le rêve de Joachim, détail. 1304-1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena

Giotto est considéré comme le créateur de la tradition picturale occidentale parce que son travail s'est libéré de la stylisation de l'art byzantin, qu’il a créé de nouveaux idéaux de naturalisme et un nouveau sens de l’espace pictural. Son énorme succès a d’ailleurs été reconnu par ses contemporains : Dante lui consacre un passage fameux de la « Divine comédie » où il écrit qu’il dépasse son maître Cimabue ; en 1400 Cennino Cennini a écrit que « Giotto traduit l'art de la peinture du grec au latin ».

Giotto : Scènes de la vie de Joachim : rencontre à la Porte d’Or, détail. 1304-1306. Fresque. Padoue, chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena
Giotto : Scènes de la vie de Joachim : rencontre à la Porte d’Or, détail. 1304-1306. Fresque. Padoue, chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena

En dépit de sa notoriété et des nombreuses commandes qui lui ont été faites, aucune de ses œuvres n’est attestée par des documents ou des témoignages directs comme étant de sa propre main. Aucune signature, aucune date en ce qui concerne les fresques. C’est à partir du cycle de fresques de la chapelle de l’Arena à Padoue, dont la paternité lui est universellement reconnue, qu’il est possible de reconstituer son œuvre autographe. Cette chapelle de l'Arena (elle occupe en effet le site d'une arène romaine), a été construite par Enrico Scrovegni en expiation pour les péchés de son père, un redoutable usurier mentionné par Dante. Les travaux débutent en 1303 et les fresques de Giotto sont généralement datées de1305-1306. Elles courent tout au lond de l’intérieur de l’édifice : le mur ouest présente un « Jugement dernier » ; sur l’arche du chœur figure l’Annonciation ; sur les murs nord et sud, sur trois registres sont représentées des scènes de la vie de la Vierge et de ses parents, Anne et Joachim, des événements de la Passion du Christ,mais aussi les personnifications des vices et des vertus, les premières grisailles de l’histoire de la peinture occidentale…

Giotto : Scènes de la vie de la Vierge : la procession de mariage, détail. 1304-1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena
Giotto : Scènes de la vie de la Vierge : la procession de mariage, détail. 1304-1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena

Ses personnages, peints environ à l’échelle ½, révèlent un sens complètement neuf de la dimension, de la présence physique, et de la représentation des événements du sacré, dégageant un sentiment d’intensité morale et humaine plus que de la splendeur divine. Délaissant le sentiment de la transcendance toute byzantine, Giotto privilégie l'expérience personnelle, et le sentiment humain, va au cœur de l’histoire divine mais l’exprimer avec des gestes et des expressions qu’il puise dans l’observation de l’humanité et qu’il exprimme avec sa conviction personnelle.

Giotto : Scènes de la vie du Christ : l’entrée à Jérusalem, détail. 1304-1306. Fresque, 200 x 185 cm. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena
Giotto : Scènes de la vie du Christ : l’entrée à Jérusalem, détail. 1304-1306. Fresque, 200 x 185 cm. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena

L'autre grand cycle de fresques associé à Giotto est celui de la Vie de saint François dans l’église supérieure San Francesco à Assise. Cette œuvre pose l'une des questions les plus controversées dans l'histoire de l'art : si ces fresques de l’église Saint François sont clairement l'œuvre d'un artiste de génie (le portrait intime et humain de François a une influence déterminante pour l’image et le culte du saint), de nombreuses différences stylistiques entre ces œuvres et les fresques de la chapelle de l’Arena incitent de nombreux critiques à refuser la paternité de l’œuvre d’Assise à Giotto, du moins à Giotto seul. Les autres œuvres de l’artiste suscitent beaucoup moins de controverses.

Giotto : Le Jugement dernier, détail. 1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena
Giotto : Le Jugement dernier, détail. 1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena

Il ya une juste mesure de l'accord sur les fresques de Giotto associés A Santa Croce de Florence, Giotto décore à fresque quatres chapelles. Seules deux en subsistent : la chapelle Bardi et la chapellePeruzzi, sa voisine, les deux datant probablement des années 1320. Les fresques sont plus ou moins bien conservées (elles ont été blanchies au XVIIIè siècle), mais certaines de la chapelle Bardi sur la vie de saint François restons profondément impressionnantes.

Giotto : Le Jugement dernier, détail. 1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena
Giotto : Le Jugement dernier, détail. 1306. Fresque. Padoue: la chapelle Scrovegni ou chapelle de l’Arena

Rien ne survit des œuvres réalisées par Giotto pour Robert d'Anjou à Naples, et l'immense mosaïque de la nef du Vieux Saint-Pierre de Rome, la célèbre « Navicella » qu'il a conçue, a subi tant de transformations qu’elle n’apporte aucune indication sur son style. A Rome, Giotto aurait vu les travaux de Pietro Cavallini, qui l’a sans doute profondément influencé.

Giotto : Scènes de la vie de saint Jean l’Evangéliste : la résurrection de Drusiana, détail. 1320. Fresque. Florence, Santa Croce, Chapelle Peruzzi
Giotto : Scènes de la vie de saint Jean l’Evangéliste : la résurrection de Drusiana, détail. 1320. Fresque. Florence, Santa Croce, Chapelle Peruzzi

Quelques panneaux peints portent la signature de Giotto, notamment le « Retable Stefaneschi » du Vatican, créé pour le cardinal Stefaneschi, le commanditaire de la Navicella ; mais il est généralement admis que la signature est une marque indiquant que les travaux provenaient de son atelier plutôt que de sa main propre. D'autre part, la Madone des Ognissanti (Offices de Florence), réalisée entre 1305 et 1310 n'est ni signée ni solidement documentée, mais c'est un travail d'une telle ampleur et d’une telle humanité qu’elle est universellement acceptée comme étant de Giotto. Parmi les autres panneaux qui lui sont attribués, le plus beau est le Crucifix de Santa Maria Novella à Florence.

Giotto : Scènes de la vie de Saint François : apparition à Arles, détail. 1325. Fresque, 25 cm de large. Florence, Santa Croce, chapelle Bardi
Giotto : Scènes de la vie de Saint François : apparition à Arles, détail. 1325. Fresque, 25 cm de large. Florence, Santa Croce, chapelle Bardi

Après sa mort en 1337, Giotto exerce une immense influence sur la peinture florentine, influence qui ira diminuant avec l’irruption du gothique international ; mais par la suiteson œuvre va constituer une énorm source d'inspiration pour les grands maîtres de la renaissance, au premier rang desquel Masaccio et Michel-Ange, souvent considérés comme ses héritiers spirituels.

Giotto : Les vertus franciscaines : la gloire de saint François. 1330. Fresque. Assise, église inférieure Saint François
Giotto : Les vertus franciscaines : la gloire de saint François. 1330. Fresque. Assise, église inférieure Saint François
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