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Les camps de concentration de Lublin

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1. Le « Zwangsarbeitslager Sportplatz »

Wieniawa est un faubourg de Lublin, où avant la guerre 75% de la population est juive. Cette vielle communauté tire ses origines du XVIIè siècle. Lors de la première guerre mondiale, le faubourg est intégré dans la ville de Lublin et en devient un de ses quartiers. Situé à côté du centre ville aisé, le quartier n’en est pas moins pauvre et comprend de nombreuses maisons en bois. Au milieu de Wieniawa se dresse la synagogue, bâtie au XVIIIè.

Après la conquête de la Pologne, les Allemands évacuent à Wieniawa tous les juifs du centre ville, réservé à l’administration allemande. Puis, en mars 1940 toute la population juive est évacuée dans le ghetto de Lublin et Odilo Globocnik décide de transformer Wieniawa en quartier résidentiel pour les SS et lesAllemands vivant çà Lublin. Sur une partie du périmètre du cimetière juifs la SS fait construire un terrain de sport et un complexe nautique par des Juifs choisis dans le ghetto. Parmi les ouvriers se trouvent des prisonniers de guerre français qui sont logés dans une baraque à part dans la rue Leszczynskiego. Les baraques des chantiers sportifs sont rapidement surnommées par les détenus et les travailleurs « SS-Sportplatz ».

Lorsqu’au printemps 1942 démarre l’« Aktion Reinhard » les SS transforment les barques du chantier en véritable camp de travail, dans la rue Ogrodkowa. On ne sait pas si au départ ce sont des Juifs de Majdanek ou des Juifs du ghetto de Lublin « sélectionnés » durant les déportations vers Belzec qui sont enfermés dans le camp.

Le bâtiment principal du camp est l’ancienne usine de cosmétiques « aryanisée » de Roman Keindel, propriétaire avant la guerre de la célèbre firme de cosmétiques « Erika »… et Juif. Pour faire bonne mesure, les SS le nomment « Lagerkapo », responsable du camp et il est tenu de travailler dans sa propre usine comme spécialiste. Dès début 1943 l’usine est isolée du reste du camp par une clôture de barbelés. Les travailleurs détenus y logent, tout comme la garde SS. Chaque jour, au début du fonctionnement du « Sportplatzlager » ion amène des Juifs de Majdanek. Fin 1942, pour les loger à demeure, deux ou trois baraques sont construites autour du bâtiment. Finalement, le camp de travail devient un camp annexe de Majdanek, le « SS-Polizeiführerkommando Sportplatz »

En 1942, environ 600 « Häftlinge » travaillent sur le site. On ne sait pas la proportion de détenus travaillant dans le secteur cosmétique et le secteur chantier, et on ne connaît pas leurs conditions de travail et de vie. Il semble cependant que les ouvriers du chantier de sport avait des conditions de vie meilleures, qu’il avaient notamment possibilité de rentrer en contact avec les Polonais et ainsi de se procurer de la nourriture et des nouvelles. Ils peuvent aussi échanger avec les groupes de détenus amenés chaque jour de la rue Lipowa… Le chantier de construction n’a aucun rapport avec l’action Reinhard, ce qui par contre est le cas pour l’usine de cosmétiques, qui très rapidement est transformée en dépôt de produits de beauté, de produits et de matériels médicaux provenant des biens pris aux Juifs des ghettos ou aux victimes des tueries perpétrées à Belzec ; Sobibor ou Treblinka. Ils y sont stockés, triés, réparés … La seule rescapée du « Sportplatzlager », Dora Minc (Julia Celinska), par d’une « grande fabrique » dans laquelle toutes ces choses sont triées et expédiées plus loin : une partie de ces beins se retrouve dans des hôpitaux de Lublin, le reste est envoyé dans le Reich…

Le commandant du camp est le docteur SS-Standortarzt Sturmbannführer Dr. Kurt Sickel, un homme relativement respectable et correct ; mais la véritable « patronne » est « Frau Radischat », une « intime » aussi bien de Globocnik que du docteur Sickel. Elle dirige les détenus d’une poigne de fer, n’hésite pas à puiser très largement dans le butin, et traite les détenus avec la dernière des brutalités.

Le camp reste en activité jusqu’au 3 novembre 1943. On sait qu’en mai 1943, seuls 149 prisonniers de Majdanek y travaillent encore, mais on ne connaît pas le nombre exact des travailleurs (Dépôt et chantier de construction) logeant sur place, qui y formant d’ailleurs un groupe de résistance qui planifie, sous la direction de Roman Keindel, de prendre contact avec l’armée secrète polonaise pour une éventuelle insurrection. Mais la suppression du camp est planifiée par les SS dans le plus grand secret. Tô le matin du 3 novembre 1943, des camions arrivent dans le camp. Tous les détenus y sont embarqués, hormis Dora Minc, qui se trouve précisément dans la maison de Frau Radischat, et qui sera la seule rescapée… elle verrra au dernier moment Keindel se suicider avec du poison.

Après l’« Aktion Erntefest » le camp est fermé. Les bâtiments sont restés debout jusqu’à la fin des années 1970. Puis ils sont rasés pour faire place à une zone d’habitation. Les deux stades existent encore. Il n’y a aucun monument commémoratif.

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