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Le Reich Protektorat

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1. La constitution d’un « service anti-juif »

C’est dans le Reich que la concentration des Juifs s’est d’abord effectuée, et ce dès avant la guerre. Elle prend essentiellement deux aspects : l’entassement délibéré dans les grandes villes (Ghettoïsation) et la séparation de la population allemande. Entre 1933 et 1939, entre 72% et 82% des Juifs des campagnes émigrent vers les villes, principalement à cause à cause de l'appauvrissement progressif et des liens de dépendance de plus en plus forts vis-à-vis des organisations de secours.

Dans ces années d’avant guerre, la politique antijuive des nazis se caractérise principalement par les nombreuses mesures visant à « désocialiser », à « dénationaliser » et à « isoler » la population juive du reste du corps social « aryen ». Le ton, malgré les appels au meurtre des Goebbels ou des Streicher, n’est pas à l’élimination ni au génocide : Hitler envisage principalement l’« éloignement » de l’anti-race et les services de la machine administrative font l’impossible pour pousser les Juifs à l’émigration.

L’évènement le plus marquant de cette période, avec les lois de Nuremberg de 1935, est la constitution par Heydrich au sein de la SS de services spécialisés antijuifs servis par de jeunes officiers au sein du SD et de la Gestapo : bureau II 112 puis VI, section judaïsme du SD, bureau II B4, puis IV D4, puis IV B4 de la Gestapo, avec les Mildenstein, Wisliceny, Hagen, Lischka, Eichmann, Dannecker... Ce ne sont ni des assassins, ni des désoeuvrés, ni des anciens combattants en mal d’action, mais des hommes intelligents, cultivés, des organisateurs nés, convaincus de la nocivité des Juifs et de la nécessité de les éliminer, mais sceptiques devant les manifestations d’antisémitisme primaire par trop improvisées à la Streicher ; calculateurs froids, ils se penchent scientifiquement sur le « problème juif » et se rallient à la politique qui consiste dans un premier temps à poursuivre et à aggraver progressivement la persécution légale, sans violences inutiles, pour obliger les Juifs à émigrer en abandonnant leurs biens et leur honneur à leurs persécuteurs. Aussi, les violences physiques restent exceptionnelles jusqu’en 1938 et le camp reste encore à l’arrière plan, le temps que l’opinion s’accoutume à la campagne antijuive qui désormais porte le masque de la légalité.

Cette politique poussant les Juifs à émigrer va cependant se solder par un échec : profondément attachés à la patrie et à la culture allemandes, persuadés qu’Hitler finira bien par s’assagir, les Juifs allemands, dans leur majorité, préfèrent rentrer la tête dans les épaules, prendre leur mal en patience et attendre des jours meilleurs. De plus, à la même époque, la plupart des pays d’accueil ferment leurs portes les uns après les autres, malgré les protestations du Commissaire international aux réfugiés, Macdonald, qui finit par démissionner en guise de protestation (conférence d’Evian, juillet 1938). Suisse et Pologne ne veulent pas des Juifs. Les Etats-Unis se protègent par un système de quotas draconien. En France, qui accepte les Juifs, le climat n’es favorable ni aux Juifs, ni aux Allemands… En 1937, Hagen et Eichmann tentent de prendre contact avec les sionistes et rencontrent un envoyé de la Haganah à Haïfa (2 octobre 1937) ; mais ils se heurtent aux Anglais qui veulent limiter l’immigration en Palestine. Aussi en 1938, quand la situation se tend brusquement, moins d’un quart de Juifs avait choisi la sagesse d’émigrer. Et la plupart de ceux-ci s’installe très près du Reich, beaucoup trop près… Quant à ceux qui restent, ils vont payer très cher, de leur vie, leur attachement à la patrie, qui tient de l’aveuglement…

Le 17 mai 1939 un recensement dans le Reich donne le chiffre de 330.892 juifs dans le Reich, dont 233.810 dans les grandes villes : chiffres relativement décevant au vu de l’effort entreprise par les services de Heydrich pour favoriser l’émigration…

Population Juive des grandes villes du Reich en 1939
Vienne 91.480
Berlin 82.788
Frankfort 14.461
Breslau 11.172
Hambourg 10.131
Cologne 8.539
Munich 5.050
Leipzig 4.477
Mannheim 3.024
Nuremberg 2.688
Total 233.810
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