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Le ghetto de Radomsko

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1. Le ghetto

Radomsko, (aujourd'hui 52.000 habitants), est située en Pologne centrale dans la partie méridionale de la province de Lodzkie. C’est l’une des villes les plus anciennes de Pologne, située entre Czestochowa et Piotrkow Trybunalski. On ne sait pas quand les Juifs se sont installés pour la première fois dans la ville, mais en 1643 le Roi polonais Wladyslaw IV les exclut de la ville. Ils sont autorisés à y revenir seulement en 1862. Pendant la période d’interdiction de résidence à Radomsko, les Juifs ont vécu dans le village voisin de Bugaj. Ceux qui commerçaient dans la ville étaient obligés de la quitter le soir venu… Bugaj a été intégrée à Radomsko au début du XIXè siècle. La population juive s'est rapidement développée et à la veille de la seconde guerre mondiale, sur les 25.000 habitants de la ville, environ 10.000 sont Juifs.

À la déclaration de guerre, en raison de sa proximité de l'Allemagne, Radomsko tombe très rapidement aux mains des envahisseurs. Le dimanche 3 septembre 1939, les Allemands entrent dans la ville. Les juifs de Radomsko sont immédiatement soumis au traitement brutal commun à toutes les régions de la Pologne occupées par les Allemands. Le travail forcé, les coups, le vol et le meurtre deviennent une banalité quotidienne.

Le matin du 31 octobre 1939 les hommes juifs âgés de 15 à 60 sont obligés de s’enregistrer. Le commandant de ville, Ruter, annonce que les hommes aptes au travail doivent porter un brassard sur la manche gauche de leur veste : les brassards sont de trois couleurs : violet, rouge et jaune. Ils sont peints d’un « J » (Jude), jaune sur la pièce violette, noir sur les autres couleurs. Les hommes qui ne travaillent pas portent le brassard violet, soit les médecins, les dentistes et les « inaptes au travail » ; plus tard, les membres du Judenrat le porteront aussi. Le brassard rouge est porté par les vieux et les faibles, obligés de travailler seulement trois jours par semaine ; le brassard jaune est porté par ceux qui travaillent toute la semaine. C’est la première fois qu’un tel système de classement est appliqué en Pologne. En juin 1940 est publiée une nouvelle ordonnance : les juifs âgés de douze ans et les plus vieux doivent porter un brassard blanc avec une étoile de David bleue.

Le 20 décembre 1939, Radomsko devient la seconde ville de Pologne à créer un ghetto, comprenant les rue Szkolna, Stodolna, Joselwicza, Strzalkowska, Fabianiego, et Mickiewicza. Une pancarte est placée aux entrées au ghetto avec l’inscription : « Ceci est le ghetto. Entrée strictement interdite. Pour les juifs, il est strictement interdit de quitter le ghetto sans permission du commandant de la ville. » Le Judenrat est créé 15 novembre 1939 sous la présidence de Mojsze Berger, auquel succède plus tard Wiktor Gutsztat. Puis est créée une police juive sous le commandement de Natan Winer. En même temps, les expropriations et les spoliations se font à grande échelle : indépendamment de l'argent et des objets de valeur, des meubles, l'habillement, les tissus, la literie, les instruments de musique sont confisqués et la mise à disposition d’un bordel pour l'usage de Wehrmacht est exigée. Le Judenrat rachète une grande quantité de marchandises aux commerçants polonais.

Début juin 1940, des juifs de Lodz, l'Ozorkow et le Zdunska Wola sont amenés au ghetto de Radomsko. Fin juin 1941 les Allemands rétrécissent la surface du ghetto, intensifiant encore plus le surpeuplement déjà existant. Durant l’été 1942 toujours plus de juifs des villes et des villages environnants comme Amstow, Plawno, Gidziel, Kamiensk, Kodran, Mojslawice, Strzalkow, et Klomnice sont transférés dans le ghetto. La mortalité dans le ghetto est importante, dee à la malnutrition, aux conditions de vie et de travail plus que précaires, à l’épuisement, à l’apparition du typhus et d'autres épidémies. En août 1941, le Judenrat doit choisir 200 jeunes hommes pour le travail forcé à Plaszow, d'où quelques uns reviendront en novembre de la même année.

Sur l'initiative d'un groupe de femmes juives dirigé par Dora Rozenboim, un orphelinat logeant 60 enfants âgés de 3 à 6 ans est créé en janvier 1942. Les Allemands organisent courant 1942 un reportage sur le ghetto. Devant un parterre de journalistes ils obligent les juifs à « poser » : ces photos paraissent dans les journaux du Reich à fin de propagande. Elles donnent l’impression que les juifs de Radomsko sont des membres dégénérés des enfers, vivant une vie de facilité et d’abondance… Dans les faits, dans des lieux comme le camp de travail de Gidziel près de Radomsko et d’autres camps, les Allemands organisant systématiquement l'annihilation par le travail.

En juillet 1942 arrive à Radomsko un courrier du ghetto de Varsovie. Il apporte la terrible nouvelle de l’assassinat en masse des Juifs de Varsovie à Treblinka. Comme ailleurs cette nouvelle est accueillie avec terreur pour certains, mais surtout avec incrédulité pour la majorité. Un certain nombre de juifs ont commencent à aménager des cachettes dans les caves et les greniers… Le 9 octobre 1942, le ghetto est entièrement cerné et la grande « Aktion » commence. Les Allemands responsable de l'Aktion, Feucht et Kempenik, produisent une liste de 350 juifs qui vont rester dans le ghetto ; parmi eux, les membres du Judenrat, les membres de la police juive, quelques médecins et dentistes et certains ouvriers spécialisés. Au cours du rassemblement, des centaines de Juifs sont fusillés dans les maisons ou dans les rues… Entre le 10 et le 12 octobre 1942, 14.000 Juifs de Radomsko sont envoyés en deux convois à Treblinka. Dans le second convoi, les Allemands ajoutent 29 des 350 personnes sélectionnées pour rester dans le ghetto. Après l’Aktion, il reste officiellement 321 Juifs dans le ghetto. De fait, il y en a beaucoup plus, de nombreux Juifs ayant réussi à se cacher. Été inclus dans le deuxième transport ont 29 des 350 personnes à l'origine permises de rester dans le ghetto. Il y avait ainsi 321 juifs officiellement restants dans la ville, bien que beaucoup plus aient réussi à se cacher. Les 321 Juifs « légaux » sont enfermés dans quatre maisons de la rue Mickiewicza.

Quelques messages jetés des wagons sur le chemin de à Treblinka sont rapportés au ghetto par les Polonais qui les avaient trouvés. Un de ces messages est une lettre écrite par Bela Yoistman (Justman?) à son mari Dovid :

« Mon cher Dovid ! C’est bientôt l’aube et je voyage, entassée dans un wagon à bétail en direction de Treblinka… Je voyage vers une mort certaine. Dovid, fais en sorte de te sauver ! Moi, je suis déjà dans les mains de mes ennemis. Je suis déjà perdue ! Oublie moi et pense à notre amour avec bonheur ! Le sort en à décidé ainsi. Reste, mon cher mari en bonne santé et donne mon salut sincère à ta soeur et à ton beau-frère ! » Le destinataire, Dovid Yoistman (Justman?), ce recevra jamais cette lettre. Il faisait partie du premier convoi envoyé à Treblinka…

Fin octobre 1942, les Allemands annoncent la création de quatre « villes juives » dans le district de Radom : Ujazd, Sandomierz (Tsuzmir), Szydlowiec et Radomsko. Les juifs des environs arrivent à Radomsko où beaucoup de Juifs cachés se découvrent, leurrés par les fausses promesses. Les Allemands assurent aux membres des groupes de jeunes sionistes qu’ils seraient échangés contre des ressortissants allemands internés en Palestine (une ruse couramment pratiquée). Mais le Président du Judenrat, Gutsztat, les avertit que c’est un « autre tour de la Gestapo » et leur recommande de fuir. Ce que beaucoup font.

Rapidement le petit ghetto contient 4.500 personnes. Le surpeuplement est effrayant, avec une moyenne de quinze à vingt personnes par chambre. Les conditions de vie sont épouvantables, mais les Juifs sont convaincus que les convois vers la mort ont cessé et l’espoir les maintient… Le 6 janvier 1943, les juifs sont conduits à l'Umschlagplatz. Les plus jeunes, et parmi eux tous les membres de la police juive, sont sélectionnés et envoyés au camp de travail de Skarzysko-Kamienna, où déjà quelques travailleurs les avaient précédés. Tous les autres, soit environ 4.000 individus, sont expédiés à Treblinka. Seules restent 29 personnes pour nettoyer le ghetto et entretenir les immeubles. D’autres juifs sont adjoints à ce groupe qui monte à 41 personnes. Les Allemands estiment cependant qu’environ 800 juifs manquent toujours, et organisent un ratissage systématique. Ceux qui sont pris sont exécutés au cimetière. Pendant que ceux-ci étaient repris, elles ont été prises au cimetière et au projectile juifs. Finalement, le 21 juillet 1943, les derniers juifs restant à Radomsko sont envoyés dans le camp de travail forcé de Pionki.

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