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LÂ’Alsace gothique

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5. Art gothique en Alsace

Carte de lÂ’Alsace gothique
La cathédrale de Strasbourg
Les autres grands sanctuaires gothiques
Architecture civile et militaire

5.2. La cathédrale de Strasbourg

5.2.1. Le cadre historique

Art gothique : plan de la cathédrale Notre Dame de Strasbourg
Art gothique : plan de la cathédrale Notre Dame de Strasbourg

L'avènement de l'architecture gothique en Alsace s'insère dans un vaste mouvement européen et dépend en même temps de multiples données politiques, religieuses, sociales et économiques qui en accélèrent ou en entravent l'évolution générale. La conquête de l'Occident par cet art nouveau se fait par vagues successives. En Alsace, la multiplicité des courants est frappante et empêche la formation d'une école régionale nettement caractérisée.

La disparition des Hohenstaufen, le Grand Interrègne, l'accession au pouvoir de Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute Alsace constituent la toile de fond d'une extraordinaire mutation marquée par la création et l'émancipation des villes et les luttes incessantes entre les seigneurs et les évêques. Les activités artistiques ne manquent pas d'être influencées par ces événements. Ainsi à Strasbourg, après la défaite de l'évêque à la bataille de Hausbergen (1262), la gestion de l'Oeuvre Notre-Dame est confiée à un membre du chapitre. Vers 1284, le Magistrat s'assure le contrôle du chantier, et maître Erwin peut être considéré comme le premier architecte désigné par la ville. Un siècle plus tard, en 1395, l'évêque est définitivement écarté de la direction de l'Oeuvre. Et la haute tour que la cité lance à l'assaut du ciel rend sensible cette fusion surprenante entre le sentiment religieux et un nouvel art de vivre qui annonce les temps modernes.

Strasbourg au XVè
Strasbourg au XVè

L'introduction et la diffusion de l'architecture gothique en Alsace coïncident avec l'arrivée et la prolifération des Ordres Mendiants, franciscains et dominicains. Dans une quarantaine d'édifices de haute tenue, ils proposent un art sobre et épuré qui s'oppose à la richesse, voire l'opulence des églises paroissiales, des collégiales et des abbatiales.

La faiblesse relative du pouvoir central, l'émiettement politique et le morcellement territorial qui en est la conséquence ne sont pas forcément des conditions défavorables à l'épanouissement des arts. L'unité cède la place à la diversité. C'est une chance et un risque : la chance de s'exprimer à tous les niveaux, le risque de ne plus avoir la force d'entreprendre de grandes oeuvres. Mais le paysage artistique de l'Alsace gothique constitue une réussite globale incontestable.

5.2.2. Histoire de la construction

5.2.2.1. Les anciens Ă©difices

La construction de la cathédrale de Strasbourg, d’après Schuller. XIXè
La construction de la cathédrale de Strasbourg, d’après Schuller. XIXè

L'histoire de la cathédrale de Strasbourg remonte à la plus haute antiquité puisqu’on retrouve les premières traces d'un sanctuaire à cet emplacement à l'époque celtique. Lorsque Argentoratum devient une colonie romaine, le sanctuaire celtique est remplacé par un prétoire avec son sanctuaire consacré aux divinités romaines (Mars).

Vers 550 est sans doute édifié un temple chrétien dédié à la Vierge sous l'impulsion des rois mérovingiens et de l'évêque Arbogast. Cette église est remplacée au VIIIè par une construction plus importante, œuvres de l’évêque Remi (ou Remigius), qui dans son testament de 778, exprime le désir d'être enterré dans la nouvelle crypte qu'il vient de faire édifier. Grâce à des fouilles récentes, la cathédrale carolingienne a révélé ses grandes lignes : c’est une église à 3 nefs et à 3 absides. La crypte est doublée d'un couloir annulaire qui préfigure les déambulatoires romans. Il est possible que le fameux serment de Strasbourg ait été prononcé dans cet édifice. Plusieurs incendies (873, 1002 et surtout 1007) ruinent la construction, que l'évêque Ratald (mort en 874) a richement ornée de pierreries et d'objets en or.

Strasbourg : reconstitution de l’édifice ottonien
Strasbourg : reconstitution de l’édifice ottonien

Secondé par la faveur impériale, l'évêque Wernher entreprend la reconstruction de son église épiscopale sur les ruines de l’ancienne. Les fondations de cette quatrième cathédrale sont jetées en 1015 sur les ruines de la basilique carolingienne et les travaux avancent rapidement. Le gros oeuvre est sans doute achevé en 1028. Le nouvel édifice comporte une robuste façade, une vaste et haute nef et un grand transept saillant. La nef n'est pas voûtée mais charpentée et plusieurs incendies continuent à ravager le sanctuaire. A la suite du sinistre de 1176, l'évêque Henri de Hasenbourg décide d'élever une église voûtée, tout en réutilisant autant que possible les fondations et les murs de l’ancienne. Or, au même moment, la cathédrale de Bâle vient d'être achevée dans un style majestueux. L’épiscope tient à ériger un sanctuaire « dernier cri » capable d’en remontrer à son confrère helvète, et en 1190 débute, en style roman, le chantier qui va s’étendre sur plus de deux siècles.

La première représentation de la cathédrale achevée. Folio 217 du « Buch der Natur de Konrad von Megenberg », vers 1440-1450. réalisé par l’atelier de Diebold Lauber de Haguenau. Heidelberg, bibliothèque de l’Université
La première représentation de la cathédrale achevée. Folio 217 du « Buch der Natur de Konrad von Megenberg », vers 1440-1450. réalisé par l’atelier de Diebold Lauber de Haguenau. Heidelberg, bibliothèque de l’Université

Aujourd’hui, les diverses parties de cet imposant édifice témoignent de toutes les phases architecturales depuis les balbutiements de l'art roman jusqu'au gothique flamboyant du XVIe siècle. S’il n'existe aucune trace de l'église primitive mérovingienne du VIIe siècle, il reste, malgré cinq incendies consécutifs, des parties remontant à la construction exécutée de 1015 à 1028 sous l'épiscopat de Wernher (crypte et transept). La partie occidentale de la crypte, les chapelles Saint André et Saint Jean, le choeur et sa coupole ainsi que les bras du transept appartiennent à la période romane et de transition (1176 à 1245).

Strasbourg, cathédrale: la crypte romane
Strasbourg, cathédrale: la crypte romane

Le matériau, le grès des Vosges utilisé pour la construction de l’édifice, lui donne sa couleur rouge caractéristique.

Art gothique : plan de la cathédrale Notre Dame de Strasbourg avec les étapes de la construction
Art gothique : plan de la cathédrale Notre Dame de Strasbourg avec les étapes de la construction

5.2.2.2. Les premiers pas du gothique : 1180-1225

Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges, oeuvre de transition roman - gothique
Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges, oeuvre de transition roman - gothique

En 1176, suite au dernier incendie débute l’édification du transept nord dans le style roman. Suit la construction du transept sud où est adopté la formule gothique alors à ses débuts, transept achevé vers 1200 avec superbe pilier du Jugement, dit « des Anges » créé par un atelier venu d’Ile de France. Ainsi les deux portails et les trois premiers piliers du transept sont encore en style roman, tandis que le quatrième, le pilier du Jugement, offre déjà des formes gothiques.

Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges. Vue du transept sur le choeur
Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges. Vue du transept sur le choeur

Au même moment est réalisée la chapelle Saint Jean-Baptiste. Cette chapelle est de type « halle » à trois triples travées reposant sur des piles rondes ou en quatre-feuilles, tout comme la salle capitulaire qui la surmonte, réduite à deux travées s'appuyant sur des colonnes. Malgré certaines réminiscences parisiennes ou beauceronnes, l'origine artistique du maître reste à déterminer.

Une école d’inspiration chartraine réalise ensuite vers 1225 le portail sud avec ses deux rosaces.

Strasbourg, cathédrale: le transept sud
Strasbourg, cathédrale: le transept sud
Strasbourg, cathédrale : le transept sud et les deux roses
Strasbourg, cathédrale : le transept sud et les deux roses

5.2.2.3. La nef

Vers 1235 débutent les travaux de la nef construite dans le même style « champenois »que la cathédrale de Reims. Du vieux vaisseau roman ne sont gardées que les fondations. La construction de la nef se fait en deux phases : une première de 1235 à 1245 et une seconde de 1253 (date à laquelle on recourt à la vente d’indulgences pour financer les travaux) à 1275.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : les étapes de la construction
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : les étapes de la construction

C'est entre 1240 et 1245, à l'initiative du nouvel évêque Henri de Stahleck (1244-1260), que le style « rayonnant » s'implante à Strasbourg. Le maître d'oeuvre de génie qui a projeté le grand vaisseau de Strasbourg est au courant de toutes les tendances et de toutes les initiatives des chantiers d'Ile-de-France ou de Champagne. Sa connaissance intime de l'architecture rayonnante lui permet de prévoir l'évolution et d'y participer. Pendant la seconde campagne, le nouveau maître d'oeuvres Rodolphe le Vieux modifie les projets de construction initiaux pour simplifier l'ensemble : il choisit de garder une part plus importante de l'édifice roman et y ajoute 4 travées légèrement plus étroites au lieu des 8 initialement prévues.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la nef centrale
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la nef centrale

Cette nouvelle nef, proche à la fois de l'art champenois (Saint Nicaise de Reims, cathédrale de Troyes, cathédrale de Châlons-sur-Marne) et de l'art de l'Ile-de-France (abbatiale de Saint-Denis, Notre Dame de Paris), subjugue par sa structure rationnelle et sa beauté harmonieuse. Tempérée par le grès rose, la logique implacable du gothique épanoui chasse la muralité et propose une élévation lumineuse d'une élégance raffinée. Dans ses proportions, l'élévation à trois étages respecte le schéma classique « A B A » : le triforium ajouré demeure au milieu de la paroi, s'intercalant entre les grandes arcades richement moulurées et les fenêtres hautes à quatre lancettes qui occupent toute la largeur de la travée. Les piliers fasciculés à seize éléments accentuent la verticalité de l'ensemble alors que le triforium marque fortement les horizontales. Toutefois, la double baguette médiane de la fenêtre haute semble se prolonger par une subdivision du triforium, ce qui annonce manifestement la prochaine fusion de ces deux unités. La baie du collatéral reproduit le dessin de la fenêtre haute. Une arcature décorative et la coursière viennent enrichir et affiner l'espace du bas-côté. A l'extérieur, une imposante batterie d'arcs-boutants à large tête (cinq mètres) ajourée d'un quadrilobe assure la stabilité de l'édifice. Chaque arc boutant repose sur une colonnette posée en délit, un procédé qui apparaît pour la première fois à Saint Rémi de Reims. Mais la conception même de l'arc-boutant strasbourgeois doit beaucoup au système de contrebutement mis en place à Notre-Dame de Paris vers 1230.

Le grand vaisseau de Strasbourg, achevé en 1275, est l'un des plus accomplis de toute l'architecture rayonnante. Son influence sera considérable en Alsace, mais aussi Outre Rhin, à Fribourg-en-Brisgau, Wimpfen im Tal, Reutlingen ou Halberstadt.

Strasbourg, cathédrale: le bas côté nord
Strasbourg, cathédrale: le bas côté nord
Strasbourg, cathédrale : la rose de la nef
Strasbourg, cathédrale : la rose de la nef
Strasbourg, cathédrale: le bas côté sud
Strasbourg, cathédrale: le bas côté sud

5.2.2.4. La façade occidentale

5.2.2.4.1. Le « projet B »
Strasbourg, cathédrale : le plan A. Dessin, Musée de l’oeuvre Notre Dame
Strasbourg, cathédrale : le plan A. Dessin, Musée de l’oeuvre Notre Dame

En 1276, les fondations de la nouvelle façade sont solennellement bénies par l'évêque Conrad de Lichtenberg, et la première pierre de la tour Nord est posée en 1277 sur les plans du « projet A », l'un des plus anciens dessins d'architecture conservés en Occident, datant des environs de 1260 qui montre comme la nef et le jubé l'influence de Saint Nicaise de Reims. Ce projet est rapidement abandonné.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : projet primitif de la façade ou « Plan A 
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : projet primitif de la façade ou « Plan A 
Strasbourg, gravure de la cathédrale d’Isaac Brunn, 1615. La cathédrale sera jusqu’au siècle dernier le plus haut édifice de la chrétienté
Strasbourg, gravure de la cathédrale d’Isaac Brunn, 1615. La cathédrale sera jusqu’au siècle dernier le plus haut édifice de la chrétienté

Le « Projet B » s'inspire de la façade de la cathédrale de Troyes qui comporte 2 tours, 3 portails et un second étage avec une rose centrale. Ce « Projet B » où s'exprime l'un des plus authentiques génies gothiques, prouve que la métropole alsacienne n'est plus seulement une plaque tournante dans l'acheminement du nouveau style vers l'Est, mais aussi et surtout un foyer créateur de première importance. Par son ampleur, son opulence, ses formes nouvelles, le « projet B » dépasse nettement le gothique sage et rationnel du transept méridional de Notre Dame de Paris ou de Saint Urbain de Troyes, ses modèles les plus proches. Les flèches ajourées semblent ajoutées par une main moins experte, et l'extraordinaire rose, touffue et polyvalente, très différente de celle qui fut finalement réalisée, n'a guère d'équivalent dans le domaine royal.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : évolution de la façade
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : évolution de la façade
5.2.2.4.2. Les travaux de maître Erwin
Strasbourg, cathédrale : la façade occidentale
Strasbourg, cathédrale : la façade occidentale

Commencée en 1277 conformément au « projet B », la façade est assez avancée en 1284 lorsque maître Erwin dit « De Steinbach », nommé par le Magistrat, prend ses fonctions. Il achève le premier niveau et établit de nouveaux plans, le maître d'oeuvre précédant ayant commis plusieurs erreurs. Le « projet C » prévoit un deuxième niveau nettement plus bas et le remplacement de la rose initiale par une « ronde verrière » beaucoup plus classique, s'inspirant des roses latérales de Notre Dame de Paris. Cette rose à seize pétales, sans couronne intérieure, participe cette fois-ci au dédoublement de la paroi et s'inscrit dans un cadre carré aux écoinçons ajourés. Parmi toutes les roses qui s'épanouissent en Europe à la fin du XIIIè ou au début du XIVè siècle, celle de Strasbourg demeure l'une des plus accomplies par sa pureté.

Strasbourg, cathédrale: façade
Strasbourg, cathédrale: façade

Le « projet D », vers 1285, également attribué à Erwin, marque une nouvelle étape dans l'évolution du chantier. Il montre le narthex avec la rose et les étages latéraux à leur niveau actuel, c'est-à-dire dépassant nettement la rose. Le décor aveugle du narthex, véritable façade intérieure, somptueuse et filigranée, rivalise avec les revers de façade de Meaux. La rose est découpée dans la paroi, sans écoinçons ajourés, et s'élève au-dessus d'un triforium ajouré pratiquement invisible de l'extérieur. Cette « non correspondance » entre la façade et son revers a été rendue possible par le dédoublement de la paroi et accentue le maniérisme inhérent au procédé.

Strasbourg, cathédrale: Façade occidentale et maison Kammerzell
Strasbourg, cathédrale: Façade occidentale et maison Kammerzell
Strasbourg, cathédrale: Façade occidentale vue de la rue mercière. A gauche, l’ancienne pharmacien du Cerf, bâtiment Renaissance de 1567
Strasbourg, cathédrale: Façade occidentale vue de la rue mercière. A gauche, l’ancienne pharmacien du Cerf, bâtiment Renaissance de 1567

Ralentis par un incendie en 1298, les travaux se poursuivent et en 1318, à la mort de maître Erwin, le deuxième niveau est partiellement achevé, (fonte de la grande cloche en 1316). Son fils Jean continue le chantier jusqu’en 1339. L'examen du narthex révèle plusieurs campagnes qui se situent dans les premières décennies du XIVè. L'élévation latérale de la travée centrale est particulièrement instructive : entre l'arcade aux multiples moulures et la fenêtre haute à quatre lancettes qui correspond au deuxième niveau de la façade prend place un triforium gracile à gables élancés dont la hauteur atteint dix mètres. Cette hauteur inusitée n'est pas due à un choix esthétique délibéré, mais à la nécessité de rattraper la différence de hauteur entre la grande nef (32m) et le narthex (38m).

On retrouve donc de légères modifications dans les différents étages de la façade, le premier comportant les portails, le second la rosace et le troisième les troncs de clochers.

La façade occidentale et la maison Kammerzell
La façade occidentale et la maison Kammerzell
Strasbourg; cathédrale: Portail sud du transept: Erwin de Steinbach, détail
Strasbourg; cathédrale: Portail sud du transept: Erwin de Steinbach, détail
5.2.2.4.3. Les travaux de maître Gerlach
Strasbourg, cathédrale : la façade occidentale
Strasbourg, cathédrale : la façade occidentale

Gerlach continue les travaux de la façade : Entre 1355 et 1365 il édifie le troisième étage des clochers dont l'architecture n'est pas étrangère à celle de la chapelle Sainte-Catherine. Chaque face est percée d'un triplet, mais seule la lancette médiane rappelle discrètement le dédoublement de la paroi. A l'intérieur, de belles voûtes en étoile à ogives d'angle préparent le passage à l'octogone.

Gerlach réalise aussi la magnifique chapelle sainte Catherine vers 1340. Ornée et structurée comme une châsse, elle séduit par sa verticalité et le raffinement de ses remplages géométriques. L'apport personnel de maître Gerlach reste considérable, notamment dans la conception des voûtes et dans la modénature. Les voûtes étoilées primitives à clefs pendantes, remplacées au XVIe siècle par les voûtes curvilignes actuelles, rivalisaient avec celles de Bebenhausen ou celle de la chapelle Barbazana à Pampelune. L'exemple strasbourgeois portera ses fruits à la cathédrale de Prague (chapelle Saint Venceslas et sacristie).

Strasbourg, cathédrale : la grande rose de la façade
Strasbourg, cathédrale : la grande rose de la façade

Peu avant 1365, on renonce à la construction des flèches. L’enthousiasme de la construction finale des tours s'évanouit. La crainte de séismes (en 1356, Bâle avait été détruite), les difficultés financières et les pertes humaines causées par la grande peste de 1349 expliquent la renonciation aux flèches. Un nouveau projet prévoit la galerie des Apôtres au-dessus de la rose et un beffroi percé d'élégantes baies tripartites et coiffé d'un couronnement à gables. En 1365 les constructeurs atteignent le niveau de la plate-forme actuelle, conférant à la façade la silhouette de Notre-Dame de Paris. En 1371 maître Conrad succède à Gerlach et réalise la galerie au dessus de la rose.

Strasbourg, cathédrale : la galerie des apôtres de la façade
Strasbourg, cathédrale : la galerie des apôtres de la façade
Strasbourg, cathédrale : la galerie des apôtres de la façade, détail
Strasbourg, cathédrale : la galerie des apôtres de la façade, détail
Strasbourg, cathédrale: façade occidentale vue de haut
Strasbourg, cathédrale: façade occidentale vue de haut

5.2.2.5. La flèche

Strasbourg, cathédrale : la face arrière du massif occidental et le flanc sud de l’édifice
Strasbourg, cathédrale : la face arrière du massif occidental et le flanc sud de l’édifice

A la mort de Conrad, son successeur, Michel de Fribourg (1383-1388) est chargé de l'exécution du beffroi. Il modifie une ultime fois le projet (vers 1383) pour aboutir à une « Façade falaise » de type germanique en comblant le vide entre les deux tours par un énorme remplage, sorte de tour centrale. Mais ce bloc façade, achevé par Claus von Lohre (1388-1399) ne satisfait pas le magistrat qui fait appel en 1399 à Ulrich d'Ensingen qui vient de commencer la gigantesque tour d'Ulm. Le maître d'oeuvre souabe présente un projet de haute tour comportant un octogone cantonné de quatre tourelles d'escalier, surmonté d'un petit étage servant de base à une flèche ajourée aux arêtiers gracieusement incurvés. Son projet à flèche incurvée n'est que partiellement réalisé. A sa mort, en 1419, seuls l'octogone et son petit étage sont terminés.

Le nouveau maître d'oeuvre, Jean Hültz de Cologne (1419-1449) modifie une ultime fois les plans. Il surélève les tourelles d'escalier jusqu'au départ de la flèche qu'il érige selon ses propres conceptions : une flèche aux arêtiers chargés de tourelles, oeuvre d'une rare virtuosité qui exprime au surplus cette nouvelle recherche d'un style plus anguleux et plus compact. C'est en 1439, date mémorable, que s'achève la flèche vertigineuse, une sorte de gratte-ciel avant la lettre. A ce stade (d'ailleurs définitif), le Magistrat est très satisfait du travail, car il considère la haute tour non seulement comme le couronnement de la cathédrale, mais aussi comme une sorte de beffroi symbolisant la puissance et la grandeur de la ville.

Strasbourg, cathédrale : contreforts, arcs-boutants et pinacles du flanc sud
Strasbourg, cathédrale : contreforts, arcs-boutants et pinacles du flanc sud

Cette tour de 142 mètres de haut fait de Strasbourg la ville ayant l'édifice le plus haut du monde ! Elle gardera « ce record du monde » jusqu'en 1847 où la flèche de l'église Saint-Nicolas de Hambourg (144 m de hauteur) fut achevée. (Beauvais ou Londres avaient des flèches plus hautes, mais elles se sont écroulées)

Par plusieurs fois, on tente de rajouter une seconde tour à la façade strasbourgeoise, mais le projet n’aboutira jamais : le sol n'est pas très stable et le colossal édifice repose déjà sur un « lac » dont d'énormes poutres de chêne des Pyrénées supportent l'ensemble : une seconde tour aurait donc pu faire définitivement pencher ou choir l'édifice entier. Une tentative notoire est entreprise vers 1530 avec la construction d'une tourelle provisoire, mais elle échoue à cause d'une grande tempête en 1533. Cet échec vient renforcer l'idée de garder l'édifice tel quel.

5.2.2.6. Derniers travaux

Strasbourg, cathédrale: sculptures du portail nord, dit de Saint Thomas
Strasbourg, cathédrale: sculptures du portail nord, dit de Saint Thomas

Après une longue période consacrée à des travaux d'entretien et d'embellissement (fonts baptismaux et chaire notamment), la cathédrale de Strasbourg connaît un ultime épanouissement de grande architecture. Entre 1495 et 1505, Jacques de Landshut complète le croisillon nord par la chapelle Saint-Laurent aux voûtes curvilignes dont le frêle portail à baldaquin est célèbre. La richesse exubérante de cet ensemble fait la séduction de ce flamboyant venu d'Outre Rhin.

La belle chaire, en pierre sculptée, est érigée en 1485 en l'honneur de Geiler de Kaysersberg.

En 1495 la sacristie actuelle est construite et en 1521 on achève la chapelle saint Laurent, oeuvre remarquable, bien que moins spectaculaire, due au talent de Hans Hammer (1515-1521) : le rythme souverain de ses quatre travées, la beauté placide de ses larges baies à remplages et accolades, le galbe de sa voûte réticulée ponctuée de clés sculptées en font un spécimen accompli du flamboyant apaisé qui prépare la voie à la Renaissance.

Strasbourg, cathédrale: la tour de croisée, du XIXè
Strasbourg, cathédrale: la tour de croisée, du XIXè

La galerie ceinturant l’église à l’extérieur sur les bas-côtés Nord et Sud est ajoutée au XVIIIè et la tour de croisée néo-romane en 1874.

Strasbourg, cathédrale : le flanc sud et la galerie du XVIIè
Strasbourg, cathédrale : le flanc sud et la galerie du XVIIè

Lors de la Révolution, 230 statues sont détruites ; l’administrateur réussit à en cacher 67. La flèche ne doit son salut qu’à un forgeron, Sultzer qui propose de la coiffer d’un immense bonnet phrygien.

En août 1870, 13 obus allemands endommagent la flèche et d’autres incendient le toit.

Début du XXé l’édifice, construit sur des piliers de chêne supportant les fondations menaçait de s’écrouler lorsque la nappe phréatique se mit à baisser suite aux travaux d’assèchement de la ville. Aussi l’architecte Johann Knauth réalise entre 1907 et 1926 des travaux herculéens consistant à injecter sous l’énorme pilier supportant la tour et la flèche d’énormes quantités de béton, réussissant à stabiliser l’ensemble du bâtiment.

Strasbourg, cathédrale : la tour de croisée, du XIXè
Strasbourg, cathédrale : la tour de croisée, du XIXè

En août 1944 les bombardements américains abîment la tour centrale et le bas-côté nord.

Aujourd’hui, c’est la pollution qui ronge inexorablement le grès rose de l’édifice...

5.2.3. Description

5.2.3.1. L’extérieur

5.2.3.1.1. La façade occidentale

A l’extérieur, c’est la façade occidentale qui retient toute l’attention. Ici plus qu’ailleurs l’expression « Bible de pierre » prend tout son sens :

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : schéma des sculptures du portail central
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : schéma des sculptures du portail central

Le portail nord : Le portail Nord est décoré de statues représentant les vertus terrassant les vices ; le tympan a pour sujet l’enfance du Christ et les voussures sont décorées d’anges et de personnages.

Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : le tympan de l’enfance du Christ
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : le tympan de l’enfance du Christ
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : le tympan de l’enfance du Christ, registre médian : massacre des innocents et fuite en Egypte
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : le tympan de l’enfance du Christ, registre médian : massacre des innocents et fuite en Egypte
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : ébrasement droit : les Vertus terrassant les vices
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : ébrasement droit : les Vertus terrassant les vices
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : ébrasement droit : les Vertus terrassant les vices. Détail
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail nord : ébrasement droit : les Vertus terrassant les vices. Détail
Façade occidentale, portail nord: tympan de la naissance et de l’enfance du Christ
Façade occidentale, portail nord: tympan de la naissance et de l’enfance du Christ

Le portail central : Le tympan du portail principal, à l'ouest, est entouré de statues des prophètes aux piédroits et a pour thème la Passion du Christ. Des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament sont représentées sur les voussures. Le tout est surmonté d’un superbe gâble orné des trônes de Salomon et de la Vierge.

Strasbourg, cathédrale : le portail central de la façade occidentale
Strasbourg, cathédrale : le portail central de la façade occidentale
Strasbourg, cathédrale, portail central de la façade occidentale : le tympan racontant la passion et la Résurrection du Christ sur quatre registres. L’iconographie fut inspirée par Albert le Grand
Strasbourg, cathédrale, portail central de la façade occidentale : le tympan racontant la passion et la Résurrection du Christ sur quatre registres. L’iconographie fut inspirée par Albert le Grand
Strasbourg, cathédrale,  portail central de la façade occidentale. Détail
Strasbourg, cathédrale, portail central de la façade occidentale. Détail
Strasbourg, cathédrale, portail central de la façade occidentale. Détail de la console support d’une statue
Strasbourg, cathédrale, portail central de la façade occidentale. Détail de la console support d’une statue
Strasbourg : la cathédrale : portail central de la façade occidentale : les Prophètes
Strasbourg : la cathédrale : portail central de la façade occidentale : les Prophètes
Façade occidentale, portail central: un prophète
Façade occidentale, portail central: un prophète
Façade occidentale, portail central: un prophète
Façade occidentale, portail central: un prophète
Façade occidentale, portail central
Façade occidentale, portail central
Strasbourg, cathédrale : portail de la façade occidentale: les prophètes
Strasbourg, cathédrale : portail de la façade occidentale: les prophètes

Le portail Sud : Le portail Sud présente le thème classique des Vierges Sages (elles tiennent une lampe et les tables de la loi ouvertes à côté du mari idéal) et des Vierges Folles (elles tiennent les lampes retournées, serrent les tables de la loi fermées et sont à côté du tentateur tenant la pomme et ayant dans son dos des reptiles). Le tympan, quant à lui, représente le Jugement Dernier.

Au-dessus des portails la grande rosace évoque la complexité du cosmos ; elle est surmontée par la magnifique galerie des Apôtres que gardent dans les niches des galeries du premier et du deuxième étage les statues équestres de vingt monarques, de Clovis à Louis XIV, détruites pendant la Révolution et renouvelées au XIXe siècle.

Strasbourg, cathédrale : détail du portail sud de la façade occidentale, dit portail des Vierges sages et des vierges folles : l’Epoux divin
Strasbourg, cathédrale : détail du portail sud de la façade occidentale, dit portail des Vierges sages et des vierges folles : l’Epoux divin
Strasbourg : la cathédrale : portail sudd de la façade occidentale : le tentateur avec une vierge folle
Strasbourg : la cathédrale : portail sudd de la façade occidentale : le tentateur avec une vierge folle
Façade occidentale, portail sud: les vierges sages
Façade occidentale, portail sud: les vierges sages
Façade occidentale, portail sud : tympan du jugement
Façade occidentale, portail sud : tympan du jugement
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail sud : ébrasement droit : le tympan du jugement, les vierges sages et les vierges folles
Strasbourg, cathédrale : Façade occidentale, portail sud : ébrasement droit : le tympan du jugement, les vierges sages et les vierges folles
Strasbourg, cathédrale : la galerie des apôtres de la façade, détail
Strasbourg, cathédrale : la galerie des apôtres de la façade, détail
5.2.3.1.2. Les portails latéraux
Strasbourg, cathédrale : portail nord de Saint Laurent : l’Adoration des Mages
Strasbourg, cathédrale : portail nord de Saint Laurent : l’Adoration des Mages

Le portail du transept Nord est dédié à St Laurent et relate son martyre ; réalisé par Jean d’Aix la Chapelle en 1495, il est représentatif du gothique tardif flamand.

Au transept Sud, le portail le plus ancien, de conception romane est décoré de trois statues, chefs-d’oeuvre de la sculpture de l’époque 1220-1230 : l’Eglise et la Synagogue entourant le Roi Salomon. l’Eglise, droite, couronnée, tient la croix et le calice. Elle s’oppose à la Synagogue, qui a les yeux bandés (elle refuse de voir la vraie foi), a sa lance brisée et laisse tomber les tables de la loi. Au centre, le roi Salomon, surmonte deux petites statues rappelant son fameux jugement. Les deux tympans romans représentent la Dormition et le Couronnement de la Vierge (1225).

Précédant le portail, la statue du XIXè représente Maître Erwin.

Strasbourg, cathédrale : un des chefs d’oeuvre de la sculpture strasbourgeoise: la synagogue. Musée de l’Oeuvre Notre Dame
Strasbourg, cathédrale : un des chefs d’oeuvre de la sculpture strasbourgeoise: la synagogue. Musée de l’Oeuvre Notre Dame
Strasbourg, cathédrale : portail sud du transept : tympan de la mort de la Vierge
Strasbourg, cathédrale : portail sud du transept : tympan de la mort de la Vierge
5.2.3.1.3. La flèche
Strasbourg, cathédrale : la flèche
Strasbourg, cathédrale : la flèche

Avec sa flèche audacieuse plantée sur un seul côté de la façade, la cathédrale donne une impression d'asymétrie. Notre-Dame de Strasbourg se rattache là davantage à la tradition germanique de l'Empire. Mais la flèche est aussi une prouesse ultime et grandiose du Moyen Âge finissant, « un Ovni du gothique », selon les termes de Philippe Degenève, appareilleur à l'Œuvre Notre-Dame. Lorsque sa construction s'achève, en 1439, elle fait déjà figure d'anachronisme : la Renaissance a commencé en Italie.

Il semble qu'une flèche unique n'ait pas figuré dans les tout premiers plans de ses concepteurs. Au départ, il y a eu un projet de deuxième flèche jusqu'à la hauteur de la plate-forme, un peu comme pour Notre-Dame de Paris.

La flèche a très vite focalisé l'ambition de ses concepteurs. À sa base, un départ de voûte témoigne des premiers plans de l'architecte Ulrich d'Ensingen qui voulait faire un escalier central, comme ceux des autres flèches. Jean Hültz, son successeur, est parti dans une tout autre direction : il a édifié la flèche sur huit arêtes constituées par une série d'escaliers en vrille, qui tournent dans un sens différent à chacun des six niveaux qu'ils traversent.

Strasbourg, cathédrale : la flèche
Strasbourg, cathédrale : la flèche

Au bas de la flèche, les statues d'un ours enchaîné et d'un taureau contemplent le ciel. On voit aussi la Vierge, patronne de la cathédrale, et un simple mortel, l'architecte Ulrich d'Ensingen. Ces deux dernières statues attestent de la volonté d'édifier une flèche unique et monumentale.

Strasbourg, cathédrale : la flèche. Dessin extrait du « dictionnaire raisonné de l’architecture » de Viollet le Duc
Strasbourg, cathédrale : la flèche. Dessin extrait du « dictionnaire raisonné de l’architecture » de Viollet le Duc

Au centre de l'édifice, un entrelacs de grès rose orné de 360 fleurs de lys évoque une voûte étoilée. À mi-hauteur de la flèche sont encore lisibles des inscriptions destinées à détourner la foudre de la cathédrale.»

Strasbourg, cathédrale : la flèche. plan extrait du « dictionnaire raisonné de l’architecture » de Viollet le Duc
Strasbourg, cathédrale : la flèche. plan extrait du « dictionnaire raisonné de l’architecture » de Viollet le Duc

5.2.3.2. L’intérieur

5.2.3.2.1. La nef

La nef, haute de 32 m et large de 36 (collatéraux compris) est édifiée dans le style du gothique rayonnant. Son élévation est à trois étages : grandes arcades, triforium, fenêtres hautes.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la nef centrale
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la nef centrale
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : le bas-côté sud
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : le bas-côté sud

Les vitraux frappent immédiatement la vue. La cathédrale de Strasbourg comporte le plus grand nombre de verrières du Moyen Âge après celle de Chartres : il y a en tout 500 000 éléments composant 4 600 panneaux : dans le bas-côté nord, ils représentent la galerie des empereurs germaniques et sont de facture encore romane. Romanes aussi au transept nord l’histoire de Salomon et les scènes des chefs de la légion thébaine au transept sud. Les autres verrières sont de facture gothique du milieu du XIIIè : vie des Saints dans la nef, généalogie du Christ dans le triforium, vies de la Vierge et vie du Christ dans le bas-côté sud, un peu plus tardives (XIVè). La grande rosace est quant à elle purement ornementale.

Strasbourg, la cathédrale : vitraux de la galerie des 19 rois germaniques du collatéral nord, datant du XIIIè, mais avec des reprises de panneaux de style roman du XIIè. De gauche à droite : Frédéric I Barberousse, Henri II de Bamberg, (seules leurs tètes sont gothiques, les corps étant romans), Pépin le Bref et Louis le Débonnaire (tous deux de facture gothique)
Strasbourg, la cathédrale : vitraux de la galerie des 19 rois germaniques du collatéral nord, datant du XIIIè, mais avec des reprises de panneaux de style roman du XIIè. De gauche à droite : Frédéric I Barberousse, Henri II de Bamberg, (seules leurs tètes sont gothiques, les corps étant romans), Pépin le Bref et Louis le Débonnaire (tous deux de facture gothique)
Strasbourg, un des plus beaux vitraux de la cathédrale : transféré dans le musée de l’œuvre Notre Dame, il représente sans doute Charlemagne et date de 1200. A sa gauche, Roland portant le glaive
Strasbourg, un des plus beaux vitraux de la cathédrale : transféré dans le musée de l’œuvre Notre Dame, il représente sans doute Charlemagne et date de 1200. A sa gauche, Roland portant le glaive
Strasbourg, un des plus beaux vitraux de la cathédrale : transféré dans le musée de l’œuvre Notre Dame, il représente sans doute Charlemagne et date de 1200. A sa gauche, Roland portant le glaive
Strasbourg, un des plus beaux vitraux de la cathédrale : transféré dans le musée de l’œuvre Notre Dame, il représente sans doute Charlemagne et date de 1200. A sa gauche, Roland portant le glaive

La remarquable chaire de la nef centrale est due à Hans Hammer, superbe dentelle de pierre représentant la Crucifixion avec plus de 50 personnages. Elle fut commandée par le Magistrat pour Geiler de Kaysersberg dont le prêche attirait les foules. La petite sculpture d’un chien est à remarquer sur les escaliers. Elle rappellerait l’habitude du prêcheur de venir accompagné de son chien.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la chaire de Geiler
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la chaire de Geiler
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : détail de la chaire créée pour le grand Geiler
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : détail de la chaire créée pour le grand Geiler
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : détail de la chaire créée pour le grand Geiler
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : détail de la chaire créée pour le grand Geiler
5.2.3.2.2. Le transept
Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges
Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges

La chapelle St Laurent, au collatéral Nord possède une voûte à sept clefs de 1515.

Le transept nord contient les fonds baptismaux en gothique flamboyant et un monumental mont des Oliviers de Veit Wagner (XVè). Il ouvre sur la chapelle St Jean Baptiste qui marque le début du chantier gothique. La chapelle abrite le tombeau de Conrad de Lichtenberg (XIVè) et une épitaphe du chanoine de Busnang en prière devant la Vierge, oeuvre de Nicolas Gerhaerdt de Leyde (1465).

Le collatéral sud abrite un chef d’oeuvre de la sculpture gothique : le pilier du Jugement faussement nommé « pilier des Anges », douze statues s’étageant sur trois niveaux : les 4 évangélistes, 4 anges à la trompette et le Christ du jugement entouré de 3 anges portant les instruments de la Passion. (A droite du pilier des Anges, l’horloge astronomique, la troisième du lieu, jure un peu dans ce magnifique cadre d’architecture. Elle a été réalisée entre 1838 et 1842 sur les plans de Jean-Baptiste Schwilgué de Sélestat. Elle est intéressante par ses calculs des fêtes mobiles, des éclipses du soleil et de celles de la lune).

Face au pilier, l’entrée de la chapelle St André où court une balustrade : cette balustrade est ornée d’une étonnante statue, celle d’un bourgeois, qui, doutant de la solidité du pilier, se serait proposé de rester pour le voir crouler. Il y est toujours (léger anachronisme dans l’histoire, la statue datant du XVè). Au dessus de la chapelle, une nativité peinte est de l’école de Schongauer. La chapelle elle-même abrite le tombeau du comte François Adolphe de Rittberg et une épitaphe de Jérôme et Melchior de Barby.

Toujours dans le transept, le vitrail à gauche de l’horloge représente St Christophe (XIIIè). Le personnage mesure 8 m de haut : c’est le plus grand personnage de vitrail connu. Sur le bas-côté sud s’ouvre la chapelle St Catherine avec voûtes du XVIè, de belles statues (St Florent), une épitaphe décorée de la Mort de la Vierge (1480) et des vitraux du XIVè.

Strasbourg, cathédrale Notre Dame : l’« homme de la balustrade 
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : l’« homme de la balustrade 
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : verrière de la chapelle sainte Catherine, du XIVè
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : verrière de la chapelle sainte Catherine, du XIVè
5.2.3.2.3. Le chÂśur

Le choeur de la cathédrale est roman. Sa coupole en cul-de-four est néo-romane et décorée de fresques néo-byzantines. le vitrail central est de Max Ingrand (1956) et représente Notre Dame d’Europe, patronne du sanctuaire.

Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges. Vue du transept sur le choeur
Strasbourg, cathédrale: le célèbre pilier des anges. Vue du transept sur le choeur
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : le chœur
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : le chœur
5.2.3.2.4. La crypte
Strasbourg, cathédrale: la crypte romane
Strasbourg, cathédrale: la crypte romane

Sous le choeur, la crypte constitue la partie la plus ancienne de l’édifice et contient les caveaux des évêques de Strasbourg. C’est un hémicycle couvert de voûtes d’arêtes qui reposent sur une alternance de colonnes et de piliers dont les chapiteaux sont grossièrement sculptés de motifs végétaux ou d’animaux fabuleux.


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