Ravensbrück, camp de concentration nazi
7. Témoignages
Conditions de vie
Le Kommando vidange
Le couloir des fusillées
Gazages : le commandant parle
Uckermark
Le matin au camp
Les appels
Froid et intempéries
La nourriture
L’hygiène
Le travail
Les petites Tziganes
Les « lapines »
Les nouveaux nés
La résistance
Les punitions
7.12. Les petites Tziganes
Amicale de Ravensbrück et ADIR : Les Françaises à Ravensbrück, Gallimard, 1965.« 120 ou 140 petites Tziganes furent opérées du 4 au 7 janvier 1945. Les plus jeunes n'avaient que huit ans. Un spécialiste de ces expériences, le professeur Schumann, qui avait déjà souvent opéré à Auschwitz, vint sur place. Toute une équipe médicale y participa : le docteur Treite, son adjoint, le médecin qui dirigeait le service sanitaire des SS et des infirmières. Une femme médecin tchèque déportée, radiologue, dut installer l'appareil radiologique en position horizontale. Elle-même et deux collègues virent ensuite entrer une à une les petites filles. On entendait les pleurs et les cris des enfants et on les voyait transporter, sanglantes, dans une autre pièce de l'infirmerie, où on les posait sur le plancher. On sait qu'à Auschwitz le professeur Schumann procédait par irradiation des ovaires par les rayons X ; il provoquait des brûlures importantes des tissus environnants, déterminant la mort d'un certain nombre des opérées. »
« À Ravensbrück, il semble avoir procédé autrement. Les trois prisonnières radiologues furent obligées de développer les films radiologiques pris pendant les opérations. Elles les montrèrent en cachette à plusieurs collègues tchèques. On voyait un liquide opaque dans l'utérus et les trompes. Un liquide stérilisant était donc introduit dans l'utérus et jusque dans les trompes. »
« Si une partie des enfants supportèrent l'opération, d'autres moururent des suites. Conformément aux habitudes des médecins nazis expérimentateurs, et du docteur Schumann en particulier, les organes génitaux de plusieurs victimes furent prélevés pour examen. C'est ainsi qu'au Block 9 fut hospitalisée une petite fille de douze ans, avec une énorme plaie ouverte au ventre, qui ne cessa de suppurer terriblement. Les médecins et infirmières prisonnières du Revier estimaient que cette plaie correspondait à une hystérectomie. Mais pourquoi la plaie n'avait-elle pas été recousue ? L'ouverture n'avait-elle pas été pratiquée uniquement pour permettre aux expérimentateurs SS d'observer directement les organes irradiés laissés sur place, et leur destruction ? Quel qu'ait été le but, la petite fille mit plusieurs jours à mourir dans d'atroces souffrances. »
« À la libération du camp, toutes ces malheureuses fillettes avaient disparu, vraisemblablement gazées. »
